From Hell

From Hell1888, Londres est le berceau de meurtres à répétition. Touchant uniquement un groupe de prostituées, et avec un rituel d’exécution précis et horrible, il devient l’ennemi public n°1 de la police londonienne et de l’inspecteur Abberline. Le mythe de Jack l’éventreur est en marche.

Reprendre le mythe de Jack ‘the Ripper’ pour un film semblait tout à fait normal. Après tout, le père des tueurs en série n’avait pas eu une sur-représentation à Hollywood.
Nous voilà donc parti dans une enquête des plus classiques, orchestrée par un Johnny Depp qui retrouve le genre de personnage qu’il connait. Moins intéressant qu’un Corso (‘9ème Porte’) et moins amusant qu’un Ichabod Crane (Sleepy Hollow), mais on s’approche de cet enquêteur un peu sombre, anti-héros. Ce personnage n’est que moyennement développé. Heureusement qu’un acteur du calibre de Depp lui donne un peu de profondeur, car il a visiblement été taillé au burin.
A ses côtés, Heather Graham, n’est pas non plus très gâtée par une rôle plat et inintéressant. L’histoire d’amour qui se dessine entre les deux personnages principaux est d’ailleurs un contre-poids bizarroïde à l’enquête. Elle n’apporte rien et les sentiments n’apparaissent que très rarement à l’écran.

L’enquête, elle s’en sort plutôt bien. L’enchaînement de l’action est accomplie à un rythme suffisamment soutenu pour que le cheminement de l’inspecteur soit suivi avec attention. L’atmosphère y est également pour quelque chose. La photo plutôt réussie et l’atmosphère amène à créer un Londres d’époque, mais les décors, un peu en dessous font parfois trop carton pâte.
Ce mauvais point ajouté à quelques scènes gorement gratuites nous donne parfois le sentiment d’assister à une serie B.
La fin ridicule tend également à conforter ce sentiment.

Tout n’est pas à jeter dans cette enquête plutôt intéressante, mais sans aucun doute baclée. On passe du coup un bon moment en occultant les incohérences. Un film sans trop de prétention qu’il faut prendre comme tel.

Le mythe de Jack l’éventreur est une poule aux œufs d’or pour le cinéma comme pour la télévision. Cette nouvelle version n’apporte malheureusement pas grand chose par rapport à ce qui a déjà été avant. Tout au plus assiste-t-on à une sage reconstitution qui se laisse regarder et qui ose quelques écarts de mise en scène.

On ne remettra pas en cause la prestation de Johnny Depp qui encore une fois s’en donne à cœur joie pour interpréter le rôle de l’inspecteur drogué qui enquête sur cette série de meurtres ignobles. La reconstitution du Londres de l’époque semble cependant très théâtralisée et peu convainquant, surtout lorsque l’on découvre le groupe de prostituées absolument irréalistes qui est sur le point de se faire trucider par l’Eventreur.

Disons simplement que l’on assiste à de la petite série B dont le scénario, après nous avoir promis monts et merveilles, nous fait découvrir un complot sans prétention à mille lieux du mystère qui devait régner autour de l’assassin à l’époque. Pour combler ce manque de relief, le réalisateur se rabat sur des effets visuels, hémoglobine et rêves hallucinatoires, qui ont le mérite d’installer le climat malsain nécessaire à ce genre d’histoire. A noter un joli cross-over avec l’apparition de John Merrick, alias Elephant Man, à deux reprises dans le film : rares sont ceux qui osent de tels emprunts (dans le même genre, il y avait aussi le squelette d’un Alien dans « Predator 2 »).

Une nouvelle version de Jack L’Eventreur n’était pas franchement utile. Le mythe a été tellement décortiqué que seule une oeuvre véritablement à la hauteur pouvait faire la différence, ce qui n’est pas le cas ici. Ceci-dit, plonger dans une telle enquête est toujours un plaisir.

Publicités

Freddy vs Jason

Freddy vs JasonExclu des rêves des enfants grâce à une drogue que leur administre leurs parents, Freddy se voit obligé d’utiliser Jason, le tueur au masque de Hockey pour accomplir son massacre. Mais peu à peu une sorte de compétition entre les deux monstres va se mettre en place.

Rencontre au sommet entre 2 figures du cinéma d’horreur, Freddy Vs Jason se met lentement en place avant de vraiment procurer le plaisir que l’on en attend.

Fort d’une expérience correctement réussie dans le domaine du film d’horreur en 1998 avec la Fiancée de Chucky, Ronny Yu s’est donc trouvé désigné pour réaliser la réunion des 2 célèbres monstres américains.
Toutefois, la question à laquelle il devait répondre n’étant pas d’ordre scénaristique (Freddy utilise Jason pour perpétuer ses massacres à Elm Street), le vrai défi du réalisateur chinois était de faire prendre la sauce jusqu’au climax final.

Or, c’est bien là que le bas blesse: il faut attendre que se termine une 1ère partie de film particulièrement décousue pour que l’on voit autre chose qu’un classique teen movie avec ses quelques scènes gores entrecoupées de dialogues aussi inintéressants que mal joués (et parfois atrocement traduis dans les sous-titres français).

Une autre des grosses difficultés à laquelle devait faire face Ronny Yu était de réussir à préserver l’esprit de chaque série, compte tenu du fait que celle des Freddy, beaucoup plus aboutie, avait bien plus à perdre à ce niveau que celle des Vendredi 13, série qui a certes mal vieilli mais aussi survécu grâce au charisme de son tueur.
Peine perdu, ce film ne laissera pas de souvenir particulier pour les inconditionnels de Freddy.
Encore une fois, on a la sensation que le réalisateur chinois n’arrive pas à vraiment exprimer son talent avant la moitié du film: à force de vouloir respecter un équilibre difficile à trouver, il ne maîtrise guère toutes les subtilités de chaque œuvre au point que le film paraît un peu vide.

Pour les fans, Freddy Vs Jason procurera au final des sensations jubilatoires. Pour les autres, venus en simples curieux, le film ne les convaincra pas d’en voir la suite, déjà en cours de préparation.

France Boutique

France BoutiqueUn carré à décongeler ? Un cintre gonflable? Un épilateur portable ? Tout cela est disponible sur France Boutique, la chaîne du télé-achat en France. Mais un jour, un trouble-fête vient semer la zizanie au sein de la petite équipe, au point de risquer de priver les Français de leurs matinées télé favorites…

Difficile d’être méchant avec « France Boutique » qui se moque innocemment du métier qui est peut-être le plus ringard de la télévision. Il y a des films qui se font détester, d’autres qui se font adorer, lui n’a d’autre ambition que de montrer l’évolution d’un couple de quadragénaires en crise, au travers de l’œil bien singulier de la caméra vidéo d’une émission de télé-chat.

Indéniablement, le point fort de cette comédie aux couleurs pastelles est la troupe d’acteurs : Cluzet, Godrèche, Viard, Baye, cela en fait des talents au service de la vente de l' »épile-tout poil ». Sans compter les prestations des quelques seconds rôles qui gravitent autour du plateau telle une petite fourmilière parfaitement désorganisée.

Mais l’interprétation seule suffit rarement à faire un bon film. Si le scénario pêche un peu par son manque d’ambition, on appréciera la peinture douce-amère du couple quadragénaire débordé par la vente de gadgets, qui se demande comment passer un nouveau cap dans leur relation amoureuse. La réponse donnée est incontestablement la bonne (Kubrick et son »Eyes Wide Shut » peuvent donc aller se rhabiller): c’est bien dans le carré magique à décongler que le destin est scéllé.

Enfin, ce sont les séquences de télé-achat qui donnent une bonne part de son charme au film. Certes, de nombreuses séquences ne cherchent pas midi à quatorze heures pour provoquer le sourire du spectateur mais il ne faut chercher à voir du « Citizen Kane » dans tous les films.

Pour être savouré, « France Boutique » est donc à découvrir un peu par hasard, avec un regard indulgent…

Fous d’Irène

Fous d'IrèneCharlie est policier dans l’état de Rhode Island. C’est ce qu’on appelle un gros pigeon : il accepte toutes les humiliations et y répond par des sourires. Mais à force d’encaisser, il devient schizo…

Fondé sur une pauvre histoire de poursuite, le scénario n’a en fait pour but que de donner des occasions de voir Jim Carrey dans tous ces états.
Très proche de « Mary à tout prix » dans sa construction et dans son humour, les frères Farelli font ce qu’ils savent faire, tout comme Jim Carrey qui revient à ses premières amours, après avoir démontrer qu’il était un très bon acteur (voir « Truman Show », ou « Man on the Moon »).

Soyons clair, l’humour est disons, plutôt au ras des paquerettes… des nains, du sexe, un peu de scato, tout est bon pour amuser. Même si ça devient assez vite un peu lourdingue, on a tout de même beaucoup de plaisir à voir Carrey en grande forme.

Dommage que le film se résume à un one man show et que Carrey soit l’unique centre de ce long métrage, car l’idée originale n’est pas trop mal, et que les personnages sont assez sympathiques.

Un peu dommage donc, surtout pour Jim Carrey qu’on estime pas mal. Difficile de cacher son talent, mais quelle frustration de ne pas en tirer plus. Les Frères Farelli nous pondent donc une comédie acceptable à l’humour bas de gamme…

Voici une comédie de plus qui a été conçue, après « Man On The Moon » et « Truman Show », à la mesure de Jim Carrey qui interprète ici deux rôles pour le prix d’un (schizophrénie oblige !) . Le scénario donne lieu à une suite de situations loufoques plus où moins drôles dont les frères Farrelly (« Mary à tout prix », « Dumb et Dumber ») ont le secret.

Faire un bon film à la hauteur du talent de Jim Carrey n’est pas une chose si simple ; il suffit de voir certaines de ses prestations précédentes. Ici, à vrai-dire, le personnage est simplement sous-exploité malgré une idée de départ qui aurait pu faire des étincelles. Le scénario est simple et le récit est franchement de bonne qualité. Cependant, les gags, trop souvent au ras des pâquerettes, ne brillent pas par leur originalité. Le héros donne son maximum et tente de porter le film à lui tout seul mais le tout reste bien faiblard. Hormis quelques scènes vraiment réussies, on ne fait que sourire devant une comédie qui pêche aussi par manque de renouvellement.

Cependant, l’ensemble ne laisse pas non plus un horrible goût amer dans la bouche. On passe une soirée sympathique à regarder les grimaces du héros et ni les fans de Jim Carrey, ni les fans des frères Farrelly ne seront déçus par cette comédie sans prétention.