Garden State

Garden StateActeur de télévision, Andrew « Large » Largeman est obligé de retourner dans son New Jersey natal pour l’enterrement de sa mère. Soudain, il se retrouve sans les antidépresseurs et les 3 000 kilomètres qui le protégeaient de son histoire. Après neuf ans d’absence, Large revoit son père, un vieil homme dominateur, mais aussi tous ceux avec qui il a grandi. Ils sont aujourd’hui fossoyeur, employé de fast-food ou magouilleur professionnel. Sa rencontre avec la jolie Sam va le bouleverser encore un peu plus. Elle est son exacte contraire, vivante et audacieuse. Entre passé et futur, entre douleur et joie, Large va découvrir qu’il est peut-être temps de commencer à vivre…

« Garden State » est un bien joli film. Cette rafraîchissante comédie romantique US fleure bon le film indépendant décomplexé. Du Woody Allen pur jus concocté par le jeune transfuge de la TV Zach Braff. Cet auteur réalisateur interprète forme un ravissant couple avec une Nathalie Portman enfin échappée de la galaxie « Star Wars ». Un film qui devrait logiquement marquer les esprits.

Le cinéma indépendant américain est en pleine ébullition. Le récent « La vie aquatique » de Wes Anderson ou le dernier David O’Russel (réalisateur du film « Les rois du désert ») intitulé « J’♥ Huckabees » en attestent. Cette vitalité du cinéma indépendant s’est traduite aux USA par le développement de studios dédiés à ces films à l’intérieur des pontes hollywoodiennes. Par exemple, 20th Century Fox Searchlight pour « Garden State » ou Miramax, l’un des plus anciens studios à soutenir le cinéma indépendant aux USA. Qu’ils s’appellent Alexander Payne, PT Anderson ou Todd Solondz, les nouveaux « nababs » de l’indépendant américain hissent haut le drapeau du particularisme. Leurs films regorgent de moments décalés, de personnages allumés et d’humanité. Avec un bilan parfois très positif comme sur ce « Garden State » voir plus nuancé pour les complètement chtarbés « J’♥ Huckabees » ou « Palindrome ». L’équivalent français d’un tel décalage serait à trouver parmi les récents « Akoibon » d’Édouard Baer, « Calvaire » de Fabrice du Welz (une coproduction franco-belge) ou « Atomic Circus » des frères Poireau.

« Garden State » est finalement assez simple et linéaire. Le film raconte l’histoire d’Andrew, un jeune acteur sur le déclin, drogué aux Xanax et mal dans sa peau. Il renoue avec ses vieux amis lorsqu’il rentre chez lui pour l’enterrement de sa mère. Il se retrouve devant sa tombe, incapable de verser la moindre larme. Il va ensuite faire la connaissance de Sam, une jeune fille qui va bouleverser sa vie. Toute la puissance émotionnelle qui traverse le film tient dans le couple Sam/Andrew. Le côté décalé n’est jamais trop prégnant et le film agit tout en retenu en diffusant une jolie mélodie dont le titre « Let Go » (du groupe « Frou Frou ») magnifie littéralement la dernière scène du film.

D’aucuns reprocheront à « Garden State » d’être une comédie sentimentale un peu niaise. Il faut reconnaître que l’histoire de ce jeune paumé en mal d’amour qui se transforme au contact d’une jeune fille est assez classique. Là où une production calibrée nous aurait donné des scènes prévisibles, un air de déjà vu et un scénario plutôt plat, Zach Braff préfère jouer la carte de l’incongru. Sans jamais sombrer dans le n’importe quoi, le film offre quels moments rares comme la scène où Sam apprend à Andrew à faire quelque chose d’unique. Des instants magiques qui permettent à Andrew d’envisager son quotidien sous un prisme nouveau. Le film est traversé de références philosophico poétiques propres à ce type de cinéma. Comme la crevasse dont on ne peut scruter la profondeur. « Garden State » parle aussi de gens stressés, de drogués, de sexe et de vies ratées. Un condensé de personnages haut en couleur donnent vie à une histoire bouleversante, qui ne sombre jamais dans la facilité et offre à Zach Braff l’occasion de démontrer toutes ses qualités d’auteur réalisateur interprète.

Sorti depuis déjà quelques mois aux States, « Garden State » y a fait très joli score aux box office (25 711 568 $ cumulés), aidé par des critiques plutôt positives et un très bon bouche à oreille. S’il fallait émettre ne serait-ce que l’ombre d’un reproche, on pourrait dire que « Garden State » se conclut de manière plutôt classique. Un mince détail vu la richesse de cette œuvre singulière qu’est « Garden State ». Sans jamais transcender le genre romantique, Zach Braff arrive à émouvoir de manière tenace le spectateur. Plus la mélodie est douce, plus on se laisse bercer…

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