Gangs of New York

Gangs of New YorkAu 19ème siècle, à New York, Five Points est le lieu de rendez-vous de tous les gangs et des exclus de la société. Scindée en deux clans majeurs ces gangs se déclarent la guerre : les Irlandais immigrés décident de se rebeller face aux « natifs ». Une fois les gangs irlandais erradiqués, c’est « le boucher » qui reigne sur New York. De son côté, le fils du chef des Irlandais, mort 16 ans plus tôt par le boucher revient à New York avec la ferme intention de venger son père.

Il y a des films qui sont précédés par les rumeurs. Ce ‘Gangs Of New York’ fait partie de cette race, car peu de choses ont manqué à l’appel : retard énorme de distribution, budgets explosés, director’s cut refusés… Tout cela ne préfigurait pas du meilleur.
A n’en pas douter, Scorsese rêvait de faire ce film depuis longtemps, mais sans doute pas dans ces conditions…

Reprenant le système de personnification des groupes par soucis de simplification, il nous raconte donc cette histoire de New York à travers les deux personnages principaux que sont Amsterdam et Bill ‘The Butcher’. Une pratique à double tranchant et qui peut se révéler très dommageable pour le film si les deux personnages ne sont pas parfaitement écrits et interprêtés. C’est le cas ici car il y a clairement quelque chose qui cloche dans ce Scorsese. Alors que The Butcher est interprêté de façon intéressante et plutôt inspirée par Day Lewis (Le Dernier des Mohicans, Au nom du père…). Par contre, Di Caprio se révèle, sans être mauvais, extrêmement fade et sans intérêt. Son personnage n’a quasiment aucun fond et sonne vide.

Ce défaut énorme du film va complètement assomer le film qui partait sur de bons rails après une belle scène d’introduction (où Liam Neeson en imposait déjà un bon quintal de plus que son collègue ex-pensionnaire du paquebot). Ce manque de charisme et de présence fait donc perdre au film toute sa consistance, si bien que la trâme du film en devient totalement inintéressante. L’action principale qui suit Amsterdam dans son périple à New York semble ne plus finir et ennuit sans divertir.

Il est évident que le talent de Scorsese ne s’est pas envolé et que certaines scènes nous le montrent. Ces éclairs de génie sauve le film du marasme mais n’empêchent pas celui là d’être une déception énorme. Le degré d’ennui qui l’accompagne peut être partiellement mis sur le dos d’un producteur trop zêlé, mais il faut clairement se demander comment on est arrivé à un résultat aussi faible avec un réalisateur aussi talentueux. Qu’il soit clair qu’on atteint pas une seconde le niveau d’un Raging Bull ou d’un Taxi Driver.

Utilisant un rythme des plus bizarres (la dernière demi-heure enchaine à grande vitesse les évènements tandis qu’on lambinait péniblement pendant les 2 heures précédentes), le film finit par perdre son spectateur dans de multiples histoires que l’on suit totalement détaché des protagonistes.

Sans toucher complètement le fond, ce ‘Gangs of New York’ le rase pendant un long moment et le quitte parfois quand les éclairs de génie de son réalisateur illuminent le film. Mais ceci n’est pas suffisant pour que le spectateur subisse un spectacle si peu regardable. Plombé par un rythme déphasé et des personnages incolors, c’est le sentiment d’ennui qui s’empare de nous une fois les lumières allumées. Beaucoup avaient critiqué « A Tombeau Ouvert » lors de sa sortie ; il était bien au dessus. Et quand on le compare avec le reste de la production scorsesienne, c’est de haut que l’on tombe sur ces gangs.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s